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La célèbre marque de bière belge Leffe déclare la guerre à la brasserie artisanale du Leff, en Bretagne

La célèbre marque de bière belge Leffe déclare la guerre à la brasserie artisanale du Leff, en Bretagne

Par Jérom FOUQUET

Dans un courrier reçu le 13 décembre, la société belge InBev Belgium, titulaire de la marque de bière Leffe, demande à Philippe Le Saux, propriétaire de la Brasserie artisanale du Leff, située à Lanleff (Côtes-d’Armor), de ne plus utiliser ce nom. Hors de question pour le brasseur breton.

« Je n’ai aucune envie de me retirer de cette aventure ni de changer quoi que ce soit. » Cela faisait trente ans que Philippe Le Saux rêvait de créer une brasserie et pas n’importe laquelle. Originaire de Lanleff (Côtes-d’Armor), l’ancien cafetier a toujours voulu la nommer « Brasserie artisanale du Leff », du nom de la rivière qui passe dans son village natal.

Il franchit le pas il y a cinq ans, en fabriquant expérimentalement sa bière dans une… machine à laver ! Avant d’investir dans des cuves. En juin 2021, il s’inscrit au registre du commerce et dépose sa marque, le 13 octobre, à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI).

Deux mois plus tard, Il reçoit un courrier d’un cabinet d’avocats parisiens lui demandant, au nom de sa cliente, l’entreprise belge InBev Belgium SRL, titulaire de la marque Leffe, « qui souhaite régler le litige à l’amiable, de cesser immédiatement tout usage du signe « Brasserie artisanale du Leff », y compris à titre de marque ou comme nom commercial ».

Antériorité et « portefeuille »

La célèbre marque de bière belge Leffe déclare la guerre à la brasserie artisanale du Leff, en Bretagne

Sans réponse de sa part au 17 décembre – soit quatre jours après la réception du courrier – InBev Belgium se réserve le droit de s’opposer à sa demande à l’INPI. L’entreprise belge craint donc que la similarité phonétique du nom « Leff » prête à confusion, ainsi que les caractères utilisés par le brasseur breton.

Certes, l’antériorité du dépôt de la marque belge est avérée et, comme le stipule le courrier, « elle est largement exploitée et représente un actif important du portefeuille de droits d’InBev Belgium SRL ».

Pour autant, Philippe Le Saux n’en démord pas : « Depuis quand existent la rivière et la vallée du Leff ? Comment se fait-il que ses habitants ne puissent pas utiliser ce nom ? Quant aux caractères gothiques inscrits sur les bouteilles de bière, il en existe des milliers dans le monde. D’ailleurs, je n’ai pas copié la leur, puisqu’elle est unique et protégée. »

1 500 bouteilles par an

Concernant ce dernier point, aidé par une amie, il planche pour apposer de nouvelles typographies sur ses bouteilles de Bolec’h, Buzhug Coz et la future Boet Ar Hy, sans toutefois en retirer le nom de la brasserie.

Par ailleurs, le brasseur de Lanleff fait valoir que sa production n’est pas destinée à être commercialisée « très largement […] dans des volumes très importants », comme les produits Leffe. « Tout au plus chez des cavistes du coin, puisqu’elle ne dépassera pas 1 500 bouteilles par an. »

Philippe Le Saux se dit toutefois inquiet quant à l’avenir. « Je n’ai pas les moyens d’aller en justice. Et puis ce sera le pot de terre contre le pot de fer », explique le sexagénaire. Malgré cela, il va demander conseil à un cabinet d’avocats spécialisé dans le domaine de la propriété intellectuelle. Joint par la rédaction, celui d’InBev Belgium n’a pas répondu à nos sollicitations.

Pour la petite histoire, en Belgique, Leffe est un quartier de la ville de Dinant mais aussi le nom d’un ruisseau qui se jette dans la Meuse. Irréductible et néanmoins philosophe, le brasseur lanleffois s’amuse : « Nous avons aussi Dinan en Bretagne, non ? Laquelle de ces villes est antérieure à l’autre ? »