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Test Sony Xperia Pro-I : grand capteur 1 pouce, petite frustration

Test Sony Xperia Pro-I : grand capteur 1 pouce, petite frustration

En octobre dernier, Sony dévoilait un nouveau smartphone ultra-élitiste : le Xperia Pro-I. Conçu pour les photographes chevronnés (et fortunés), il se distingue de ses concurrents en s’équipant d’un capteur 1 pouce identique à celui du Sony RX100 VII. Mais est-ce réellement le cas ? La qualité d’image et les performances de ce smartphone justifient-ils son tarif de 1799 € sans accessoire ? Réponse dans ce test photo du Sony Xperia Pro-I.

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Xperia Pro-I : le smartphone de tous les superlatifs (dixit Sony)

Quelques mois après le très bon Xperia 1 III (et son petit frère le Xperia 5 III), Sony revient sur le devant de la scène. Cette fois, la marque japonaise vise le segment des terminaux ultra-haut de gamme.

Le Xperia Pro-I (lire « pro-i », le « i » signifiant « imagerie ») est ainsi le second smartphone de Sony destiné aux professionnels. Il vient se ranger aux côtés du Sony Xperia Pro, tout en adoptant un parti-pris assez différent.

Le Xperia Pro était conçu pour être couplé à une caméra professionnelle ou à un hybride, afin d’envoyer rapidement les images (en 5G) à sa rédaction. Le Xperia Pro-I, de son côté, doit être capable de produire par lui-même des images de haute qualité.

Il se destine donc aux photographes et vidéastes habitués aux hybrides Sony Alpha, et souhaitant retrouver la même expérience au sein d’un smartphone. Il s’adresse notamment aux vloggers, et pourra être accompagné d’un petit moniteur externe de 3 pouces qui vient s’attacher au dos du smartphone (et qui sera vendu en option 199 €).

Pour accompagner les vloggers et leur permettre de se filmer à la 1e personne avec le capteur 1 pouce, un kit spécial incluant un petit moniteur externe et une poignée selfie est proposé pour la modique somme de 199 €.

En conséquence, le Xperia Pro-I se pare d’une fiche technique très haut de gamme… tout en reprenant bon nombre d’éléments du Xperia 1 III mentionné ci-dessus. On retrouve ainsi le design tout en hauteur, l’écran OLED de 6,5 pouces au format 21:9, ou encore le processeur Snapdragon 888, accompagné d’un stockage de 512 Go (extensible jusqu’à 1 To grâce à un port microSD).

De prime abord, rien ne permet de distinguer le Xperia Pro-I d’un « simple » Xperia 1 III. Les deux terminaux se ressemblent énormément – à l’exception du design des tranches de l’appareil. On retrouve cependant le lecteur d’empreinte placé au sein du bouton Power, réactif mais assez capricieux. Le bouton Google Assistant disparaît, remplacé par un bouton lançant par défaut l’application Video Pro.

C’est au dos du terminal que la différence se dévoile nettement, puisque le « Pro-I » se pare d’un grand module dorsal, centré autour d’une large optique à double ouverture (f/2,0-4,0) accompagnant le « fameux » capteur 1 pouce tant vanté par Sony.

Ce dernier est également accompagné d’un capteur iToF, d’un ultra grand-angle équivalent 16 mm et d’un téléobjectif équivalent 50 mm. Rassurez-vous, nous aurons l’occasion de revenir sur chacun de ces objectifs au cours de ce test.

Voici la liste complète des caractéristiques du Sony Xperia Pro-I :

  • Appareil photo frontal : 8 Mpx, f/2,0, 1/4 pouce
  • Vidéo : 4K à 60 i/s, ralenti à 120 i/s
  • OS : Android 11
  • Processeur : Snapdragon 888
  • Stockage : 512 Go (extensible jusqu’à 1 To avec carte microSDXC)
  • Double SIM hybride
  • Résistance à l’eau : norme IP68
  • Dimensions : 166 x 72 x 8,9 mm
  • Poids : 211 g
  • À la sortie de la bulle – Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/4, 1/4s, 2000 ISO

    Un capteur 1 pouce ? Oui, mais en fait non

    Dans sa communication, Sony insiste beaucoup sur le capteur de type 1 pouce de son Xperia Pro-I. Ce dernier rejoint le club des quelques smartphones dotés d’un capteur de cette taille, à l’instar du Sharp Aquos R6 et de son cousin le Leica Leitz Phone 1. Sans oublier le Panasonic CM1, lancé en 2015.

    Concrètement, le Xperia Pro-I hérite du capteur CMOS Exmor RS du Sony RX100 VII. Ce dernier est de type rétroéclairé et empilé : le support photosensible est retourné et placé sur une mémoire DRAM, elle-même installée sur une couche de silicium. Un procédé offrant de nombreux avantages en termes de performances.

    Malheureusement, une importante nuance demeure. Le RX100 VII exploite la totalité de ce capteur… ce qui n’est pas le cas du Xperia Pro-I. Dans les faits, l’appareil utilise seulement 60 % de la surface de son capteur. La définition passe ainsi de 20 à 12 Mpx, et le ratio des images de 3:2 à 4:3. Concrètement, le Xperia Pro-I exploite une surface de 9,68 x 7,26 mm, alors que le capteur 1 pouce mesure 13,2 x 8,8 mm.

    Sur le terrain, la surface utilisée par le capteur est donc équivalente à celle d’un Pixel 6 ou d’un Samsung Galaxy S21 Ultra. Seule différence : les photosites du Xperia Pro-I mesurent 2,4 µm de large, là où ses rivaux sont obligés d’avoir recours au regroupement matriciel (pixel binning) pour atteindre cette taille de pixels.

    Interrogée par Phototrend, la marque explique ce « bridage » du capteur par la nécessité de conserver un appareil suffisamment compact. Mais in fine, la marque entretient une certaine ambigüité autour de ce « capteur 1 pouce », ce que nous déplorons.

    Performance et qualité d’image du Sony Xperia Pro-I

    Au-delà de cet imbroglio technique, quelle qualité d’image pouvons-nous obtenir avec le Sony Xperia Pro-I ?

    Que les fans de Sony se rassurent, le smartphone est capable de capturer de très belles images avec l’optique principale (équivalent 24 mm). Comme sur le Xperia 1 III, le rendu général des images est très naturel, et on est loin de l’effet HDR ultra-prononcé que proposent certains constructeurs. De même, la restitution des détails est excellente, et dépasse largement la plupart des smartphones concurrents.

    Matinée paisible – Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/2, 1/1600s, 100 ISO

    Quand je serai grand, moi aussi j’aurai une voiture qui va super vite. Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/2, 1/160s, 100 ISO

    La colorimétrie est particulièrement neutre, et les images sont plaisantes. Bien sûr, vous pourrez toujours booster la saturation des couleurs en passant par l’une des innombrables applications du Google Play.

    De même, les images sont impeccablement exposées. Toutefois, si vous shootez en RAW+JPEG, le HDR est automatiquement désactivé. Dès lors, si la dynamique de votre scène est très poussée, certains éléments peuvent être surexposés.

    Matin calme, palais royal – Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/2, 1/500s, 64 ISO

    La photographie de nuit est un exercice intéressant. En mode « Auto », l’appareil utilise automatiquement le mode Nuit. Comme ses concurrents, il capture un grand nombre de photos qui sont fusionnées dans la foulée. Le résultat est agréable à l’œil, mais les images sont uniquement capturées en JPEG.

    La Fabrica, Alésia – Sony Xperia Pro-I, 50 mm, f/2,4, 1/15s, 800 ISO

    En mode « PSM », en revanche, le Xperia Pro-I n’utilise pas la technique du stacking. De fait, les images de nuit sont capturées à des vitesses assez lentes, générant quelques photos floues au passage. Par ailleurs, la montée en ISO se fait au prix d’une hausse très rapide du bruit numérique (voir la photo ci-dessous, capturée à 6400 ISO). Il s’avère ultra-présent sur les fichiers RAW, et il est difficile de le rattraper au post-traitementEt on finit par utiliser surtout les fichiers JPEG issus de l’appareil, ces derniers étant plus facilement exploitables.

    DNG exporté en JPG JPG issu du smarpthone

    Enfin, un mot sur le diaphragme à double-ouverture f/2.0-4.0 dont est doté l’optique principale du Xperia Pro-I. Sony dépoussière un système exploité en son temps par le Samsung Galaxy S9, mais en offrant un contrôle manuel complet en mode P/S/M (et avec l’appli Cinéma Pro).

    Magret de canard sur son lit de chou-fleur et petites fleurs de courgettes – Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/2, 1/50s, 200 ISO

    Cet artifice doit permettre, selon Sony, de jouer facilement avec la profondeur de champ. L’ennui, c’est que la focale 24 mm n’est pas celle qui s’y prête le mieux. Oui, à f/2, on obtient un léger flou d’arrière-plan et on peut isoler le sujet de l’arrière-plan dans une certaine mesure. Cependant, la différence entre deux images capturées à f/2 et f/4 n’est pas époustouflante.

    f/2 f/4f/2 f/4

    Cependant, cette double-ouverture peut être pertinente pour réduire la quantité de lumière qui parvient au capteur. Dans la pratique, ceci peut être intéressant pour de la pose longue, afin d’éviter que les zones claires ne soient « cramées », l’appareil n’était pas pourvu de filtre ND. En bref, cette fonctionnalité n’est pas réellement indispensable – ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas pertinente dans certains cas.

    Lightspeed – Sony Xperia Pro-I, 24 mm, f/4, 4s, 100 ISO

    Du côté des optiques secondaires, les résultats sont analogues à ceux obtenus sur le Xperia 1 III. On retrouve le même combo capteur + optique pour l’ultra grand-angle – et donc les mêmes qualités et les mêmes défauts. Les images sont belles, mais le niveau de détails est moins élevé qu’avec le capteur principal, surtout sur les bords de l’image. Heureusement, la correction logicielle des distorsions est efficace.

    Subway – Sony Xperia Pro-I, 16 mm, f/2,2, 1/50s, 500 ISO

    Beaugrenelle – Sony Xperia Pro-I, 16 mm, f/2,2, 1/50s, 100 ISO

    En revanche, nous serons beaucoup plus critiques vis-à-vis du téléobjectif. Là où le Xperia 1 III inaugurait un téléobjectif à double-focale 70-105 mm, le très onéreux Xperia Pro-I est limité à une « simple » focale 50 mm. Soit la plus courte focale pour le téléobjectif que nous ayons vue depuis longtemps sur un smartphone. Une décision technique visiblement dictée par le peu d’espace laissé par le capteur 1 pouce.

    La focale 50 mm est idéale dans de nombreuses situations, mais est en net retrait à cause du petit capteur qui l’accompagne – Sony Xperia Pro-I, 50 mm, f/2,3, 1/100s, 125 ISO

    Sur le terrain, ce « petit » téléobjectif est couplé au même capteur type 1/2,9 pouce que sur Xperia 1 III. Sans être mauvais, les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances. En effet, les images manquent de peps et paraissent assez molles, même en pleine journée. La faute à un lissage assez prononcé, et à une accentuation des détails assez artificielle. En un mot comme en cent, ce timide téléobjectif souffre de la comparaison avec le capteur principal.

    Station fantôme ? – Sony Xperia Pro-I, 50 mm, f/2,4, 1/15s, 800 ISO

    Pause lecture – Sony Xperia Pro-I, 50 mm, f/2,4, 1/50s, 1000 ISO

    Heureusement, le smartphone se rattrape sur l’autofocus. On retrouve la technologie Dual PD (Photo Diode), analogue au Dual Pixel AF des reflex et hybrides Canon. On retrouve aussi le capteur 3D iToF, visant à aider la mise au point en basse lumière. L’autofocus s’avère efficace, de jour comme de nuit… même si l’appareil a parfois tendance à se tromper de sujet. Heureusement, l’appareil déclenche très rapidement. Enfin, mentionnons la rafale à 20 i/s (déjà présente sur le Xperia 1 III), toujours aussi impressionnante.

    Interface photo et vidéo : Sony joue la surenchère…

    Avec le Xperia Pro-I, Sony reprend ses mauvaises habitudes et multiplie à nouveau ses applications photo et vidéo.

    Au sein de l’application Photo Pro, on retrouve un mode Auto et les « traditionnels » modes P/S/M, qui permettent de régler finement les différents paramètres de prise de vue. Un mode « Basic » est également de la partie : inauguré sur le Xperia 1 III, il n’est ici pas vraiment indispensable, l’appareil visant les créateurs de contenus expérimentés (dixit Sony).

    Enfin, un mode dédié propose d’enregistrer une combinaison de réglages et de les réutiliser plus tard. Seul souci : aucun effet visuel ne vient confirmer la capture de la photo (si ce n’est le minuscule aperçu en bas à gauche), c’est assez gênant quand le téléphone est en mode discret.

    Côté vidéo, on retrouve non pas une, mais 2 applications séparées ! En premier lieu, on retrouve l’application Cinema Pro, qui rappelle les caméras Sony Alta. Point notable, seuls les modes S Log sont disponibles : pour la capture « simple », il faut s’en remettre à l’appli Photo Pro (logique) ou… à la nouvelle appli Video Pro.

    Cette dernière, en apparence plus simple que Cinema Pro, offre cependant quelques contrôles. Réglage progressif du zoom, de la mise au point… cette interface est spécialement conçue, selon Sony, pour faciliter la vie des vloggers. Hélas, cette interface s’avère franchement austère et fait pâle figure face à certaines applis concurrentes.

    Le Sony Xperia Pro-I face à la concurrence

    Disponible au tarif de 1799 €, le Sony Xperia Pro-I fait partie des terminaux les plus onéreux du marché (smartphones pliables exceptés).

    Le Xperia Pro-I se permet donc de s’afficher 200 € plus cher que la version la plus onéreuse de l’iPhone 13 Pro Max (avec 512 Go de mémoire). Certes, ce dernier ne dispose pas d’un capteur 1 pouce. Seulement voilà : son trio d’optiques offre une plus grande polyvalence au quotidien. Et surtout, son écosystème logiciel est infiniment plus complet que la triple-interface proposée par Sony, avec une application native simple et des options d’éditeurs tiers très complètes (Halide ou FiLMiC pour ne citer qu’eux). Photographes et vidéastes professionnels et vloggers auront donc nettement tendance à privilégier la solution d’Apple, quoi qu’en dise la marque japonaise.

    Et que dire du Sony RX100 VII ? Certes, les 2 appareils n’ont pas la même vocation, l’un étant un smartphone et l’autre un compact expert. Cependant, tous deux visent à offrir la meilleure qualité d’image au sein d’un boîtier tenant dans n’importe quelle poche. Et de ce point de vue, le RX100 VII s’avère beaucoup plus cohérent.

    Le compact expert utilise le même capteur (mais en exploite la totalité de la surface). Et surtout, il propose une très bonne qualité d’image sur toute la plage focale de l’objectif 24-200 mm, là où les optiques « secondaires » du Xperia Pro-I sont en retrait. Pire encore, le RX100 VII offre un zoom maximal de 200 mm, là où le pauvre Xperia Pro-I plafonne à 50 mm seulement.

    Pour qui recherche la meilleure qualité d’image en photo et en vidéo, le RX100 VII est donc plus pertinent. Et puisqu’il est disponible à « seulement » 999 €, vous pourrez toujours utiliser les 800 € restants pour acquérir un bon photophone comme le Pixel 6 Pro !

    Sony Xperia Pro-I : le smartphone inattendu… et incongru

    Au terme de ce test, le Sony Xperia Pro-I nous laisse une impression étrange. À peine quelques mois après un Xperia 1 III séduisant, la marque japonaise livre un terminal que personne n’attendait… et que personne n’a réclamé.

    Un smartphone certes intéressant, mais qui est loin d’exploiter tout son potentiel. Preuve en est avec son capteur 1 pouce bridé, un téléobjectif ultra court et en retrait ou encore la multiplication des interfaces pour la photo et la vidéo.

    Dès lors, difficile pour le Xperia Pro-I de justifier son tarif de 1799 €, alors que d’excellents concurrents sont affichés à des prix inférieurs. À force de vouloir s’adresser à une (ultra)-niche, Sony loupe le coche. La marque livre donc un smartphone intéressant pour sa qualité d’image, mais qu’il nous est difficile de recommander en l’état.

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